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Drôle d’époque...

Publié le mardi 29 juillet 2008 à 14H18

“L’explosion numérique” Quelle formidable explosion numérique, la Polynésie a connue, au cours de ces dix dernières années ! Une conversation hier avec un responsable de Mana nous a remis en mémoire quelques chiffres qu’il est bon de citer. La société, qui a onze ans, a démarré avec une moyenne de trois abonnements par mois. Encore la technologie était-elle, pour ces pionniers du modernisme, à la fois coûteuse et frustrante en termes de performances. Plusieurs générations de technologie plus tard et quelques baisses de tarifs, on en est aujourd’hui à 30 000 abonnés et 90 000 utilisateurs/jour en moyenne, sur une population globale de la Polynésie, de 260 000 habitants, parmi lesquels les bébés et les plus âgés surfent rarement…

On sait ce que l’on perdrait si on ne mettait pas les 9 ou 10 milliards dans la fibre optique : un statut imprenable de PIOM, pays isolé d’Outre-mer

L’imprégnation dans le quotidien de ces nouveaux moyens d’information et de communication a contribué à tout changer dans les profondeurs de notre société. Impossible d’y échapper, le mouvement est universel. Du partage avec les cultures du monde aux fonctions de téléchargement dont raffolent les jeunes en passant par le commerce qui s’y développe à la vitesse grand V, au désespoir des commerçants locaux, peu armés pour résister. Des échanges de données économiques aux futures transmissions d’images médicales permettant de mieux soigner à distance… Quelle révolution alors que, par ailleurs, le conservatisme s’impose un peu partout, et pas seulement dans les comportements politiques. Internet peut-il modeler les consciences au point de changer les gens ? Nous ne sommes pas qualifiés pour y répondre mais, à coup sûr, l’irruption du monde entier sur nos écrans plats ne peut laisser intactes les vieilles cultures traditionnelles… Et l’avenir ? Beaucoup ont fait de la réduction de la fracture numérique une sorte de mot d’ordre incantatoire. En Polynésie, ça se joue entre Tahiti et les îles les plus éloignées qui ont droit aussi à ce service public payant, cher à installer, cher à utiliser. Mais ça se joue surtout, entre la Polynésie et le reste de la planète. Que gagneronsnous avec la fibre optique très haut débit installée sur les fonds sous-marins ? De la rapidité, de la puissance et peut-être, espérons-le, quelques activités nouvelles au fenua, auxquelles elles apporteront peut-être de la valeur ajoutée. On sait plus sûrement ce que l’on perdrait si on ne mettait pas les 9 ou 10 milliards dans cet équipement : un statut imprenable de PIOM, pays isolé d’Outre-mer.

Th. D.
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