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PAPEETE

Pourquoi 38 bateaux chinois sont en escale

Publié le jeudi 11 septembre 2014 à 01H00

Port autonome

Trente-huit palangriers chinois ont prévu de faire une halte à Papeete entre jeudi dernier  et ce vendredi.

Trente-huit palangriers chinois ont prévu de faire une halte à Papeete entre jeudi dernier et ce vendredi.

La rumeur. Hier, certaines personnes sur les réseaux sociaux commençaient à s’enflammer sur la présence de nombreux bateaux chinois actuellement en escale au Port autonome de Papeete. Ils seraient “une vingtaine”, “halte au pillage”, “go home” était-il écrit sur les murs virtuels.

Renseignements pris, ils sont en fait 38 bateaux de pêche chinois, des palangriers, ayant prévu de faire une halte à Papeete entre jeudi dernier (certains sont déjà repartis) jusqu’à ce vendredi. Mais, et même si à la capitainerie on convient que c’est la première fois qu’on en voit autant sur une même période, pas question pour ces navires de pêcher dans les eaux territoriales de la Polynésie française.

“Ils pêchent à la limite de la zone économique exclusive”, explique-t-on à la capitainerie du Port. Même son de cloche du côté de Morgan Vernex, l’une des sociétés locales sollicitée par les armateurs chinois pour prendre en charge les bateaux et leurs équipages sur place. “Ils ne peuvent pas pêcher dans les eaux, ils n’ont pas la licence.”

Et de poursuivre : “Nous avons en charge 26 bateaux issus de dix compagnies différentes. Ils sont ici (au Port, NDLR) pour faire des inspections, des contrôles divers sur leurs navires, la radio, le radar, etc. Mais les inspections servent également au renouvellement de leur documentation pour pouvoir naviguer dans les eaux internationales. Ils n’ont pas pris de gasoil et n’ont pas débarqué de poissons.”

Ces escales profitent finalement à l’économie directe du pays puisqu’elles draineraient environ 900 marins sur la ville (entre 18 et 30 marins par bateaux). Des marins que l’on a pu voir par petits groupes dans les rues de Papeete ces derniers jours, et qui ont consommé sur place “au marché” notamment, et dans différents magasins de la capitale.

Selon nos sources, il aurait été distribué à une partie de ces marins “plus de 5 millions de Fcfp”, en salaires, “issus de fonds locaux”, qui auraient été “dépensés” en quelques jours. Si on ajoute les transports utilisés, des dépenses diverses pour de la nourriture, ainsi que des visites chez les taote “pour des petits soins”, une partie de ces marins chinois auraient dépensé pas moins de “7 millions de Fcfp”.

Finalement, leur venue ne serait pas si négative pour tout le monde. Comme quoi les rumeurs mènent parfois en bateau.

Karim Mahdjouba
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