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MAHINA

La pression monte à la mairie

Publié le jeudi 11 septembre 2014 à 01H00

Programme de pose de compteurs d’eau

La pression monte entre la mairie et les associations de quartiers qui s’inquiètent de l’iniquité entre les administrés.

La phase de repérage avant la pose des compteurs vient seulement de commencer, mais déjà des quartiers font barrage.

Mahina gère désormais son eau en régie, mais les problèmes persistent.

Face aux associations, la discussion a été difficile lundi soir,  à la mairie de Mahina.

Face aux associations, la discussion a été difficile lundi soir, à la mairie de Mahina.

L’opération de pose de compteur n’est que dans sa phase de repérage des réseaux d’eau, mais la pression monte déjà dans les tuyaux de Mahina. Lundi soir, le ton n’a pas été amical, lors d’une réunion d’information entre le nouveau directeur de la régie communale de l’eau et des représentants de quartiers. Organisée régulièrement à la mairie pour tenir informer la population de l’opération d’enquête en cours, cette réunion a été l’occasion pour quelques associations de quartier de pointer du doigt, une fois de plus, les problématiques de la gestion de l’eau dans la commune. Malgré le passage en régie communale, après le divorce avec la Sem Haapape, Mahina patauge des deux pieds dans un bourbier et semble s’enfoncer toujours un peu plus. Les représentants de la vallée de Ahonu ne comprennent pas que la commune pose des compteurs alors qu’il y a urgence à changer les canalisations. Les habitants de cette vallée, qui desservait en eau la commune, sont dépités. Car, si autrefois ils étaient servis les premiers grâce à un captage en amont, aujourd’hui, ils sont soumis aux caprices du fonctionnement d’une pompe qui fait remonter l’eau dans la vallée. Pour eux, pas question de poser des compteurs si rien n’est rénové.

 

Des quartiers familiaux font barrage

Les associations de Ahonu, Orofara et Haapape a ara ne comprennent pas davantage qu’on va leur faire payer l’eau au compteur alors que le quartier social Fareroi a été équipé il y a maintenant quatre ans, alors que les factures sont toujours au forfait (soit 18 000 Fcfp par an). L’inquiétude est grande également, chez certains, de devoir payer pour ceux qui ne paient pas (près de 30 % de la population). Et comme, si le problème n’était pas assez complexe, certains quartiers familiaux ont déjà prévenu la mairie qu’ils n’accepteraient pas les compteurs.

Seul lundi soir, sans le soutien d’élus, Vatea Escande, le tout nouveau directeur de la régie de l’eau, a tenté de rassurer sur l’équité des administrés devant la facturation et d’apporter des réponses techniques. Mais le bras de fer demandera aussi des réponses sociales et politiques.

En manque d’information

Lors de la précédente réunion, les associations ont regretté le manque d’information quant à la tenue des réunions de quartier. Les associations, syndicats de lotissement et syndic de copropriétaires sont invités à communiquer leurs contacts au service de communication de la mairie de Mahina. Contacts : tél. 40.48.11.35 - communication@mahina.pf

Vatea Escande directeur de la régie de l’eau.
 

Pourquoi poser des compteurs alors qu’il y a urgence à rénover le réseau d’eau de plus de 50 ans ?

Nous avons pris en compte l’état des conduites principales, mais aujourd’hui, nous sommes sur un marché de pose des compteurs initié en 2011 par l’ancienne équipe. Nous avons repris le dossier, mais la démarche était déjà engagée. Pour conserver les finances du marché, nous devions lancer ce marché des compteurs.

 

La mairie n’a pas les moyens de changer les conduites principales ?

En fonds propre, la mairie n’a pas les moyens. Il faut qu’elle se tourne vers des subventions du contrat de projet et du FIP… Mais vous connaissez la situation financière du Pays et de l’État. Parallèlement, nous sommes tout de même en phase de création du schéma directeur qui définira les besoins.

 

Les pertes sont importantes ?

Les estimations du rendement du réseau sont de 45 %. Il y a 55 % de fuites sur le réseau et donc de gaspillage. On ne connaît pas la consommation, d’où l’intérêt de la pose des compteurs.

 

La population ne comprend pas en quoi la pose des compteurs va aider la commune ?

Une fois encore, les gens pensent qu’ils vont payer plus avec la pose des compteurs. Ce n’est pas le cas. La pose de compteur est déjà une façon de responsabiliser les usagers et pour nous, gestionnaire du réseau, de savoir ce que consomment les foyers. À ce jour, nous n’avons pas de chiffres précis, juste des estimations qui font apparaître que les gens, au forfait, consomment entre 500 et 1 000 litres par jour et par habitant, alors qu’en général, c’est 200 litres.

 

Toutefois certains quartiers familiaux refusent la pose de compteurs ?

Effectivement, car les gens pensent que ceux qui seront au compteur payeront pour les autres. C’est faux ! Le compteur ne mesure que la consommation de l’habitant. Le tarif est égal pour tous, et selon la consommation. Certaines zones ne seront pas pourvues de compteur, car nous ne pouvons pas pour l’instant modifier les conduites. Les réseaux de ces secteurs sont trop complexes, cela coûterait des millions. Nous allons devoir faire des demandes de subventions pour équiper ces quartiers.

 

La facture au compteur pour les uns et au forfait pour les autres ne fait-elle pas naître de l’injustice dans la population ?

La majorité des gens au compteur sont sur les hauteurs, et ils ont toujours payé au compteur. Et à chaque demande de branchement, la régie pose un compteur. À ce jour, nous devons être à 500 ou 600 compteurs. Le projet prévoit d’en poser 2 500.

Autre problème soulevé, les impayés. Ils sont de quelle im-portance ?

Nous sommes entre 60 % et 70 % de recouvrement.

 

C’est de l’argent perdu pour la mairie ?

Non, la régie émet des factures. Ces sommes sont dues. Après, chaque cas est vu à la loupe. Pour les cas sociaux, nous espérons que le Pays puisse prendre en charge ces situations. Pour ceux qui ont cumulé des dettes, nous pouvons échelonner les paiements. Après, c’est le Trésor public qui fait le recouvrement avec les moyens qui sont mis à sa disposition.

 

Y a-t-il effectivement des problèmes de règlement dans les quartiers Fareroi et Atima ?

La grande majorité ne paie pas. Fareroi est, depuis des années, le cas difficile, car les logements sont vétustes. Parfois, il y a aussi deux ou trois familles dans une maison. Là, ce n’est pas le réseau qui fuit, car il est récent. Les fuites sont chez l’habitant. À Atima, le lotissement était géré par la Sagep et maintenant par un syndicat de copropriétaires. C’est un cas litigieux. La Sem Haapape était en justice contre la Sagep.

“Toujours ce problème d’équité entre les administrés”
Denis Helmeprésident de l’association Haapape a ara

“On en est finalement toujours au même point qu’en 2011. Il y a toujours ce problème d’équité entre les administrés, de facturations disparates selon les quartiers. À Fareroi, ça fait quatre ans que les compteurs sont posés et les gens payent toujours au forfait. Alors qu’un habitant de la pointe qui a eu son compteur récemment et paye au compteur… Et aujourd’hui, ce dernier paye plus que les autres en raison de ses activités. Pourquoi n’a-t-il pas eu, lui aussi, quatre années de facturation à blanc, comme à Fareroi ? Je suis pour la pose des compteurs, mais pas dans n’importe quelle condition. Il faut discuter avec la population. Avant même la pose des compteurs, je serais favorable à la mise en place d’un forfait sur trois ans, et même passer de 18 000 à 20 000 Fcfp par an pour tout le monde et pour permettre de rénover les canalisations. Là, on fait le contraire, on met les compteurs d’abord.”

“Ahonu va devoir payer pour ceux qui ne payent pas ?”
Hinano Tunoareprésentante de la vallée de Ahonu

“Les gens de Ahonu ne sont pas contents tout simplement parce que l’on veut nous poser des compteurs alors que la conduite est vieille de 60 ans. La conduite d’abord, et après, on verra pour les compteurs. Nous ne sommes pas contents car nous avons appris que le maire a autorisé des familles dans certains quartiers de la plaine à ne pas avoir de compteurs d’eau. Et on apprend aussi qu’à Fareroi, les gens ont un compteur, ont des factures à blanc depuis quatre ans et ils ne payent pas. Est-ce la vallée de Ahonu qui va devoir payer pour ces familles qui ne payent pas ? Ce n’est pas normal. Nous ne sommes pas contre le projet, car nous savons qu’il est imposé par l’État. Et comme les communes n’ont plus de sous, elles cherchent de l’argent à tout prix.”

“Il y a des injustices”
Gérard Vahineporte-parole des familles de Orofara

“À Orofara, nous payons des factures d’eau à partir des compteurs alors que d’autres quartiers ne payent rien, comme Fareroi. Est-ce finalement le petit village du plateau qui compense les impayés de Fareroi ? Le tout est autorisé par le maire. Ce travail n’a rien d’intègre. C’est un dossier à revoir car, franchement, il va y avoir une révolte dans la commune. Il y a des injustices.”

JLM
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