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Moana, tué d'une balle en pleine tête

Publié le jeudi 24 juillet 2008 à 09H10

DRAME - Un tahitien de 23 ans assassiné pendant ses vacances au Pérou Moana avait économisé pour se payer ce voyage au Pérou, à la découverte des magiques cités incas du Machu Pichu, dans le célèbre parc archéologique de Sacsayhuaman. Ce jeune homme sans histoire, âgé de 23 ans, n’aura hélas plus jamais l’occasion de raconter son périple à ses proches, rattrapé par un terrible faits divers. Une histoire relayée hier par tous nos confrères péruviens, quand la piste de l’accident, de la mauvaise chute, a soudainement été abandonnée pour celle de l’assassinat.

En 3 points

  • La police péruvienne enquête depuis plusieurs jours sur les circonstances de la mort de Moana Tuihani, jeune homme originaire de Paea, dont le corps avait été retrouvé vendredi dernier en bas d’un précipice alors qu’il visitait les célèbres cités incas dans la banlieue de Cusco.
  • L’autopsie, pratiquée hier au Pérou, vient de balayer l’hypothèse de la mauvaise chute, un temps privilégiée. Moana a reçu deux balles de calibre 9 mm, l’une en pleine tête, l’autre à la main.
  • Pascal Pater, un ami tahitien qui l’accompagnait, était toujours entendu hier par la police péruvienne qui soupçonne également des voyous locaux. Moana s’est fait dérober appareil photo, argent et passeport. Son corps devrait être rapatrié au fenua ces jours-ci.

Les médecins légistes de la division de l’investigation criminelle (Divincri), ont en effet annoncé hier avoir découvert deux impacts de balles dans le corps du malheureux touriste, originaire de Paea. La thèse de l’accident, qui prévalait depuis la découverte du cadavre il y a cinq jours, est balayée par cette autopsie. La police locale avait initialement pensé à une chute mortelle, le corps ayant été retrouvé en contrebas d’un ravin d’une dizaine de mètres de haut, du côté d’une zone accidentée, le temple de la Lune.

Mais selon les enquêteurs, interrogés par nos confrères péruviens et l’AFP, deux impacts de balles de calibre 9 mm ont été mis en évidence par les légistes, l’un à la tête et l’autre à la main. Mais qui a bien pu abattre Moana de la sorte ? Et pourquoi ? Les enquêteurs de la criminelle n’écartent pour le moment aucune piste. Un second français originaire de Tahiti, Pascal Pater, âgé de 43 ans et qui voyageait avec la victime, a été sommé de ne pas quitter le territoire péruvien, le temps pour la police de lever son éventuelle implication dans cette sordide affaire. Les deux hommes étaient en balade ensemble, à cheval, vendredi dernier vers 15h30 quand le drame s’est produit. Selon les informations locales, Pascal Pater a d’ores et déjà indiqué qu’il se trouvait en retrait, à environ 150 mètres, et qu’il n’a aucune idée de ce qui avait pu se passer, affirmant par ailleurs n’avoir entendu aucun coup de feu. Photographié alors qu’il participait hier à la reconstitution des faits, l’homme s’est écroulé en larmes à la vue des traces de sang laissées sur le sol par son ami.

Un Péruvien d’une quarantaine d’années, que les médias locaux présentent comme attardé mental, a également été sommé par la police de s’expliquer sur sa présence à proximité des lieux du crime ce jour-là. Des contradictions ont été relevées dans ces déclarations par des enquêteurs qui ne négligent pas non plus la piste d’une agression par des voyous locaux. Moana Tuihani s’est en effet fait dépouiller de son appareil photo et d’un peu d’argent, son passeport lui aurait également été volé. Des indices, enfin, laissent la police penser qu’ils n’ont pas affaire à un seul agresseur et que le jeune homme aurait pu être tomber dans un guet-apens crapuleux.

Le Haut-commissariat de la Polynésie française a été informé de l’accident dès vendredi dernier par le consulat de France au Pérou, avant que l’ambassade de France à Lima ne rende compte à son tour de l’évolution criminelle du dossier. La famille de Moana, sous le choc, a immédiatement été prise en charge dans cette épreuve par l’association d’aide aux victimes. Le corps de leur proche dramatiquement disparu devrait être rapatrié au fenua dans les prochains jours. L’enquête, elle, reste entre les mains des autorités péruviennes.

Raphaël Pierre

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C'était son premier voyage...
La famille de Moana était encore sous le choc hier, après avoir appris il y a quelques jours déjà son décès au Pérou. "C'était son premier voyage" nous a raconté son frère, "et il venait juste d'avoir son passeport". C'est le consulat de France qui a prévenu les membres de la famille à Paea. "Selon ce qu'ils nous ont dit, il est resté seul sur le site touristique, alors que le groupe de visiteurs était déjà reparti. Son copain Pascal l'a appelé, et lui a demandé de les rejoindre, mais Moana a voulu rester là-haut. Il voulait faire des photos. Pascal a continué à descendre, et c'est pour cela qu'il n'a rien su de ce qui était en train de se produire." Moana n'avait jamais voyagé, mais Pascal était allé au Pérou l'an dernier. "Ça lui avait beaucoup plu, et il avait finalement décidé Moana à partir avec lui cette année, pour découvrir à son tour ce pays" explique son frère. La mère du malheureux elle, l'interrompt : "Mais on ne lui en veut pas à Pascal. C'était son ami, il ne pouvait pas savoir ce qui allait arriver. C'est comme ça, c'est arrivé..." Le jeune Moana était livreur et apprécié à Paea, et sa famille attend désormais avec résignation le rapatriement de sa dépouille.
(Y. F.)

Raphaël Pierre, Yves Fortunet
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