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La reprise économique n’est pas encore en vue

Publié le mercredi 11 juin 2008 à 02H20

CONJONCTURE - Selon l’IEOM pour le premier trimestre Au premier trimestre 2008, on a pu observer un léger décalage de conjoncture entre d’un côté les États-Unis et de l’autre, l’Europe et le Japon, en dépit de l’affermissement de leurs devises vis-à-vis du dollar. Pour le trimestre suivant, les perspectives médiocres se généralisent, notamment en matière d’inflation. L’emballement des matières premières, et plus particulièrement du marché pétrolier, n’y est pas étranger ; le cours du brut s’est enflammé en mai où une série de records a été enregistrée” : ainsi débute l’analyse de la conjoncture économique que l’IEOM (Institut d’émission de l’outre-mer) propose pour le premier trimestre 2008.

Le monde va mal, et la Polynésie française n’est pas épargnée.
L’IEOM rappelle qu’elle est “particulièrement exposée à l’inflation importée en raison de la structure même de son commerce extérieur”. L’enquête menée par l’institut montre d’ailleurs que “le pessimisme des dirigeants d’entreprises au premier trimestre 2008 transparaît dans les réponses au questionnaire de l’enquête de conjoncture ; préoccupés par le ralentissement de leur courant d’affaires et le poids de leurs charges d’exploitation, ils reconnaissent avoir ajusté leurs effectifs à la baisse”.

Risques sur l’emploi, la consommation…

L’IEOM confirme ce que l’on craignait (nos éditions précédentes) : “Le marché de l’emploi semble en voie de retournement : l’indice de l’emploi de l’ISPF de mars 2008 montre une dégradation depuis décembre dernier et une stagnation en comparaison annuelle. En moyenne sur le dernier trimestre de l’année, les effectifs salariés déclarés à la CPS ont progressé de seulement 1,5% en glissement annuel (69 056 en 2007 contre 68 003 en 2006), après +3% précédemment (66 049 au quatrième trimestre 2005)”.

Plus grave, “la raréfaction du travail, conjuguée à l’inflation rampante, risque de peser sur les revenus disponibles et pénaliser la consommation des ménages, un des moteurs essentiels de la croissance polynésienne”.
Pour l’heure, le recours au crédit reste important, l’encours des crédits à la consommation ayant crû de 10,4% en glissement annuel (86,6 milliards de Fcfp à fin mars 2008 contre 78,4 milliards un an auparavant).
Mais, signal inquiétant, le marché automobile a décroché au premier trimestre : les ventes de véhicules neufs se sont contractées de 8,6% en rythme annuel1 (1 663 contre 1 819 au premier trimestre 2007) et les transferts de véhicules d’occasion ont quasiment stagné (3 983 contre 3 933). Quant aux importations de biens d’équipement ménagers et de produits alimentaires, elles ont diminué de respectivement 7%, 5% et 0,5% en valeur.

De l’avis des chefs d’entreprises interrogés, le deuxième trimestre 2008 ne se présente pas sous de meilleurs auspices et de nouveaux licenciements sont anticipés. En outre, la situation de trésorerie des entreprises pourrait continuer de se dégrader avec l’accumulation des retards de paiement.

… et les prix

Les pressions inflationnistes se sont accentuées depuis quelques mois. En avril, l’indice des prix à la consommation affichait une hausse de 2,6% en glissement annuel, poussé par les prix de l’alimentaire (+4,7%) et des services (+3,6%). En revanche, ceux des produits manufacturés (+0,1%) ont joué un rôle modérateur.

Localement, les entrepreneurs qui ont répondu au questionnaire ont estimé que la hausse de leurs prix de vente n’avait pas permis d’améliorer leur situation de trésorerie, plombée surtout par les retards de paiement de leur clientèle. Pour ce qui est de l’investissement des entreprises, les soldes d’opinions témoignent d’un marasme grandissant.

Quant à l’investissement des ménages, porté par les divers dispositifs gouvernementaux de soutien au logement, il a continué de croître comme en témoigne la progression de l’encours des crédits à l’habitat pour les particuliers : 114,9 milliards de Fcfp fin mars 2008 contre 106,6 un an plus tôt, soit +7,9%. Néanmoins, la production de prêts au logement par les banques de la place s’est ralentie (2,5 milliards de Fcfp contre 3,2 au premier trimestre 2007).

En 3 points
  • Les perspectives économiques mondiales ne sont pas très encourageantes, rapporte l’Institut d’émission.
  • La Polynésie n’y échappe pas, comme le montrent pratiquement tous les indicateurs.
  • Selon l’IEOM, seule la mise en oeuvre du contrat de projets et de programmes d’infrastructures “nécessaires au développement économique et susceptibles de dynamiser le marché du travail” apporte une touche d’optimisme.

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