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Ori Tahiti Nui Solo : Tahiti contre le reste du monde

Publié le mercredi 10 septembre 2014 à 01H00

Troisième édition de cette compétition de danse traditionnelle, les 29 et 30 novembre

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Tuamata Robinson et Manouche Lehartel, organisatrices du 3e Ori Tahiti Nui Solo Competition, entourées de Rika Takada, Moena Maiotui et Tuarii Tracqui, deux des jurés du concours.  À droite, Chiaki Ichianagi, ancienne participante.

Tuamata Robinson et Manouche Lehartel, organisatrices du 3e Ori Tahiti Nui Solo Competition, entourées de Rika Takada, Moena Maiotui et Tuarii Tracqui, deux des jurés du concours. À droite, Chiaki Ichianagi, ancienne participante.

Le ori Tahiti se porte bien, et même de mieux en mieux. Déjà à Tahiti, après un Heiva 2014 de grande qualité, 40 écoles sont référencées et accueillent plusieurs milliers d’élèves.

Mais le phénomène est encore plus important à l’étranger. Le Japon et ses 10 000 adeptes, la Californie et le Mexique, la métropole et désormais le Canada sont des places fortes. En métropole, les troupes sont encore plus nombreuses que les écoles et l’Espagne s’ouvre aussi à la danse tahitienne.

Moena Maiotui, la chorégraphe de Tahiti Ora, a reçu récemment des demandes de workshop en Chine, à Taiwan ou encore en République Tchèque. “Il y a désormais plus de danseuses de ori Tahiti dans le monde entier qu’il n’y a d’habitants au fenua”, constate Manouche Lehartel, muséologue et présidente du jury du Heiva i Tahiti 2014.

285 concurrents l’an dernier

Pour faire rencontrer les danseurs de ori Tahiti du fenua et du monde entier, Tumata Robinson, chef de la troupe Tahiti Ora, et Manouche Lehartel ont lancé depuis trois ans le Ori Tahiti Nui Solo Competition au Méridien Tahiti.

Lors de l’édition 2013, 285 concurrents s’étaient affrontés en solo ou en formation mehura, dont 60 danseurs étrangers, venus du Japon, des États-Unis, d’Italie et de Nouvelle-Calédonie.

De 6 à 41 ans et plus, ils avaient pu démontrer leurs maîtrises techniques et sens de l’expression artistique dans un concours où l’improvisation est la règle.

Cette année, une troisième catégorie va faire son apparition : le duo, ouvert uniquement aux artistes âgés de 16 ans minimum.

En 2012, la Californienne Shanna Pineda avait fait sensation en remportant le trophée vahine.

L’année dernière, les trophées vahine et tane sont revenus à des artistes locaux, Hinatea Ristorcelli (école Aratoa) et Faia Tepou (école Tahiti Ora). Qu’en sera-t-il les 29 et 30 novembre ?

“Chaque année, nous découvrons des candidats étrangers de très haut niveau, comme ce petit Américain de 8 ans, qui a remporté la catégorie ‘aiu”, prévient Tumata Robinson.

Pour Manouche Lehartel, “à Tahiti, on s’est endormi sur nos lauriers. Aujourd’hui, des troupes et danseurs étrangers sont de très haut niveau. Le public de To’ata a pu encore s’en apercevoir l’année dernière avec le spectacle de Nonosina. Au San José Tahiti Fête, le plus grand Heiva en dehors du pays, les troupes réalisent des prestations impeccables, avec des costumes somptueux. Je suis juge dans des Heiva à l’étranger et je vois des artistes qui pourraient largement gagner le concours de danse solo du Heiva. Si nous ne voulons pas être dépassés, nous devons être plus exigeants avec nous-mêmes. Le Ori Tahiti Nui Solo Competition est un des outils pour progresser.”

La nouvelle génération de danseurs a son destin en main. Dès ce samedi, de 9 heures à 16 heures, au Méridien, elle pourra s’inscrire au Ori Tahiti Nui Solo Competition afin de montrer fin novembre que les meilleurs artistes de danse traditionnelle sont toujours tahitiens.

“Les écoles de danse locales préparent désormais les élèves à cette compétition freestyle”
Moena Maiotui
Meilleure danseuse solo Heiva i Tahiti 2011, chorégraphe et danseuse à Tahiti Ora
 
 
Fin novembre, vous serez jurée pour la troisième année de suite au Ori Tahiti Nui Solo Competition. Sur quels critères jugez-vous les concurrents ?

On a des critères spécifiques, mis en place par Tumata Robinson et Manouche Lehartel. Au 1er round, on s’intéresse à la qualité du costume et aux connaissances de base. Au 2e round, on est plus exigeant sur la technique et l’expression artistique. Au 3e round, on se penche sur les idées développées dans l’improvisation et l’occupation de l’espace.

Avez-vous senti une évolution dans le niveau des participants ?

À Tahiti, ce n’est pas dans nos habitudes de nous entraîner en freestyle. La première année, nos candidats locaux n’avaient pas beaucoup d’imagination au niveau des chorés et des enchaînements. La deuxième année, on a bien vu que les écoles de danse avaient fait des efforts pour préparer efficacement leurs élèves en freestyle.

Vous êtes très demandée dans le monde entier. Où allez-vous dans les prochains jours ?

Vendredi, je pars avec une petite formation de Tahiti Ora au Japon pour promouvoir notre tournée, prévue sur trois dates en octobre. Ensuite, je vais animer des workshop au Mexique, Los Angeles et San Francisco, et au Japon. Je reçois de plus en plus de demandes et, cette année, de pays nouveaux, des endroits où on n’aurait jamais soupçonné un intérêt pour notre danse.

Comment expliquez-vous ce succès phénoménal du ori Tahiti dans le monde entier ?

La plupart de mes élèves à l’étranger m’expliquent que c’est une danse assez complète, rythmée, dynamique. Les femmes voient que c’est sportif, très cardio. Le ori Tahiti possède aussi un aspect culturel très large. Les pratiquantes veulent connaître les noms des pas, leur signification en tahitien, les costumes. Il y a non seulement la technique mais aussi la culture qui entre en jeu. C’est un tout qui séduit de plus en plus de jeunes filles et de femmes partout sur la planète.

“J'ai appris des pas sur YouTube”
Chiaki Ichianagi
43 ans, vainqueur du Heiva i Tahiti 2014
 

“En 2012, j’ai participé en solo à cette compétition, même si je n’avais que quatre ans de danse à l’école Arearea à Kobe derrière moi. Au début de ma passion, j’apprenais même les pas en regardant des vidéos sur YouTube. La première fois que j’ai vu un show en vrai à Tahiti, j’ai été impressionnée. Ma passion est devenue encore plus grande. J’ai donc décidé de revenir pour participer au Ori Tahiti Nui Solo Competition en 2012. À cette occasion, j’ai beaucoup appris sur les expressions en aparima, je comprends mieux les paroles et l’histoire de certains chants, ça m’aide à mieux danser. J’ai réalisé mon rêve cette année en suivant des cours pendant plusieurs mois et en participant au Heiva avec Tahiti Ora. Je ne m’inscrirai pas cette année au Ori Tahiti Nui Solo Competition parce que je dois bientôt rentrer au Japon, mais j’espère envoyer mes élèves au concours de mehura, comme l’année dernière.”

Infos pratiques
 
 
Les vainqueurs 2013 : Hinatea Ristorcelli et Faia Tepou.
 
Ouvert aux danseurs solistes et aux formations mehura issus de toutes les compagnies de danse tahitienne et de toutes les écoles locales ou extérieures, ou se présentant à titre individuel.- Division jeune-tama, garçons-tamaroa et fille-tamahine :‘Aiu : 6 à 8 ans.Tamaiti : 9 à 11 ans.Taure’a : 12 à 15 ans.

- Division adulte-’arioi, hommes-tane et femmes-vahine :Toa : 16 à 24 ans.‘Aito : 25 à 32 ans.Hiva : 33 à 40 ans.Feti’a : 41 ans et plus.Ce concours est une improvisation. Les solistes sont jugés par rounds présentant trois ou quatre danseurs simultanément.- Mehura : Ouverte aux formations de cinq danseurs, danseuses ou mixtes de toutes nationalités. Âge minimum : 16 ans.Durée de la prestation : 3 minutes 30 à 5 minutes.- Duo :Ouvert aux couples mixtes (fille-garçon), âgés au minimum de 16 ans.Inscriptions : 2 500 Fcfp (solo) et 2 000 Fcfp/personne pour les duos (4 000 Fcfp au total) et les groupes de mehura (10 000 Fcfp au total). Attention, pas d’inscription le jour de la compétition.Inscription le samedi 13 septembre, de 9 heures à 16 heures, au Méridien Tahiti.Tél. : 87.75.63.89 et 87.77.04.42.Mél : oritahitinui@gmail.com

Heiva i Paris : une première finale à guichets fermés
 

Devant un jury venu de Tahiti, le Heiva i Paris réunira les meilleurs solistes d'Europe, samedi 20 septembre, au théâtre Adyar (Paris 7e). Les vainqueurs des trois catégories reines se verront attribuer un billet d'avion aller/retour pour Papeete afin de participer au Ori Tahiti Nui Solo Competition. Attention, la soirée des finales est déjà à guichet fermée.

Page Facebook : Heiva i Paris - mél : heivaiparis@gmail.com

Cinq catégories sont présentées :

- Otea solo vahine (meilleure danseuse otea)

- Aparima solo vahine (meilleure danseuse aparima)

- Ori tane solo (meilleure danse solo homme)

- Ori toa solo (meilleure danse du guerrier)

- Ori duo (meilleur couple mixte H/F)

 

 

Tuarii Tracqui au Heiva i Paris

Tuarii Tracquii, meilleur danseur du Heiva i Tahiti 2012 et médaille d’or du conservatoire artistique de Polynésie, sera l’un des jurés du Ori Tahiti Nui Solo Competition, les 29 et 30 novembre. Mais d’ici peu, il s’envolera pour Paris afin d’apporter son talent au premier Heiva i Paris. “C’est la première fois que je pars en métropole pour la danse. Je serai juré des solos et je vais présenter une démonstration. Le 21 septembre, j’animerai également un workshop. C’est un honneur pour moi. Dans la démarche de la fédération, c’est important que j’y sois pour apporter un peu de légitimité à cette compétition.”

8 000 personnes ont assisté au Heiva i Tokyo
 

Au pays du Soleil levant, près de 500 000 danseurs pratiquent le hula. Mais la danse hawaïenne, désormais classée “ancienne”, perd petit à petit du terrain au profit du ori Tahiti, qui compte désormais 10 000 adeptes, dont 5 000 assidus. Dans ce contexte, le Heiva i Tokyo a rassemblé près de 300 solistes et 20 groupes, qui se sont affrontés les 6 et 7 septembre dans l’amphithéâtre Maihama du spot de Disneyland. Cette salle de 4 000 places, construite pour accueillir le Cirque du soleil, a fait le plein durant deux jours, montrant le pouvoir d’attraction de plus en plus grand de la danse traditionnelle tahitienne. Deux autres Heiva à Osaka et Fukuoka sont également programmés en avril et juillet chaque année.

Cyr C cyril@ladepeche.pf
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