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CULTURE

Le retour de la délation et de la résistance…

Publié le mardi 09 septembre 2014 à 01H00

La Compagnie du Caméléon au petit théâtre du Fare Tauhiti Nui

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Les affiches de ces deux spectacles, déjà joués en 2013.

Les affiches de ces deux spectacles, déjà joués en 2013.

On ne s’en lasse pas. La Compagnie du Caméléon, après le succès de Mangez-le si vous voulez (lire ci-dessous), la bouillante compagnie théâtrale revient avec deux pièces, jouées par François Bourcier, déjà venu en 2013 présenter Résister, c’est exister et Lettres de délation. Le succès fut tel, notamment auprès des scolaires, que la Compagnie du Caméléon a décidé de remettre à l’affiche ces deux pièces, en scène à la Maison de la culture, pour six représentations au total (trois de chacune des pièces).

“François Bourcier est de retour notamment à cause de la forte demande des enseignants”, a précisé Guillaume Gay, directeur de la compagnie. “Cela peut paraître étonnant car nous sommes loin de ces sujets européens de délation et de résistance, mais les discussions avec les élèves, l’année dernière, ont été passionnantes et ont même continué via les réseaux sociaux comme Facebook”, s’est étonné François Bourcier, arrivé hier au fenua.

Résister, c’est exister et Lettres de délation sont deux one man show, très visuel, où cela va vite. “L’idée est de pouvoir passer d’un personnage à l’autre très rapidement, pour interpréter plein de personnages différents”, précise le comédien. Dans les Lettres de délation, c’est elles qui induisent la situation et dans Résister, c’est exister, ce sont des mini scenarii d’un acte de résistance, de l’époque que l’acteur joue. Lettres ou actes sont tous issus de la Seconde Guerre mondiale et joué donc par le comédien, qui change de nombreuses fois de costumes, pour donner du rythme à ces dizaines d’actes, bien ou malveillants. Ce sont d’ailleurs les “mauvais” qui lui ont donné envie de montrer les “bons”, les “justes” qui n’existent pas sans les “salauds”. “L’idée de la résistance est venue après les délations après avoir rencontré de nombreux résistants comme Raymond Aubrac ou Stéphane Essel, l’auteur D’indignez-vous. Tout le monde n’est pas méchant”, reconnaît le comédien, pour qui L’armée des ombres (avec notamment Lino Ventura, NDLR) reste le plus grand film français sur la résistance.

Ces deux pièces ont été jouées un peu partout, en France, en Belgique et dans les Départements et régions d'outre-mer (Drom). “La fille d’Aimé Césaire, qui fait venir ce spectacle aux Antilles, l’apprécie car cela lui parle, son père à résister”, précise le comédien. “Il y a eu des actes de résistance ici aussi, Pouvana’a en est un excellent exemple.”

“La résistance est une désobéissance, ce n’est pas une opposition”, philosophe le comédien. “C’est un geste qui n’est pas anodin même si certains ne savaient qu’ils résistaient. Cela amène soit à la prison soit à la mort”, reconnaît François Bourcier.

“On ne sait plus ce qu’est résister”
François Bourcier comédien

Résiste-t-on encore aujourd’hui ?

“On ne sait plus ce que c’est que résister. Actuellement, le grand problème, on ne sait plus ce qu’est l’acte. ‘Le pire de l’aliénation est de ne pas savoir qu’on l’est’ disait un philosophe. La résistance dans des moments de crise profonde, comme la Seconde Guerre mondiale, ne peut pas être la même que l’on pourrait vivre aujourd’hui. Il n’y a pas de conflit déclaré. Nous allons résister à quoi, même si ce n’est pas les sujets qui manquent. Nous sommes sans doute aliénés par le trop plein d’images, dont Hitler avait compris l’importance sur les masses.”

Infos pratiques

Deux pièces de théâtre : “Résister, c’est exister” et “Lettres de délation”

Lieu : au petit théâtre de la Maison de la culture

Lettres de délation

Scolaires : le 10 septembre à 9 heures, les 11 et 12 septembre à 13 heures

Tout public : le 11 septembre à 19 h 30

Résister, c’est exister

Scolaires : le 17 septembre à 9 heures, les 16 et 18 septembre à 13 heures.

Tout public : les 19 et 20 septembre à 19 h 30

Tarifs

3 500 Fcfp et 4 000 Fcfp (plein tarif), 3 000 Fcfp (-18 ans), 2 500 Fcfp (-12 ans) et 1 500 Fcfp (scolaires). Pass pour les deux pièces, 5 000 Fcfp.

En vente aux Carrefour Arue et Punaauia, à Radio 1 à Fare Ute ou sur Internet à www.radio1.pf en rubrique “Billetterie”.

Christophe Cozette
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