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CULTURE

… Et “Mangez-le si vous voulez” ce week-end encore

Publié le mardi 09 septembre 2014 à 01H00

La Compagnie du Caméléon au petit théâtre du Fare Tauhiti Nui

Il était leur ami, et ils l’ont massacré. Mangez-le, si vous voulez n’est à rater  sous aucun prétexte.

Il était leur ami, et ils l’ont massacré. Mangez-le, si vous voulez n’est à rater sous aucun prétexte.

Merci, serait sans doute le mot le plus simple et le plus grand pour résumer l’immense implication de Guillaume Gay et de la Compagnie du caméléon pour offrir au public polynésien un chef-d’œuvre comme Mangez-le si vous voulez.

Nominée aux Molières 2014, cette pièce de théâtre est simplement exceptionnelle et ovationnée à chaque représentation, par un public laissé pantois.

Jamais le spectateur n’aura été aussi malmené, dérangé, voire pris de nausée devant une pièce de théâtre, réveillant ainsi un nombre d’émotions, qu’il n’était sans doute pas venu chercher. Le moins que l’on puisse dire c’est que rien dans cette histoire, ni dans cette mise en scène, ne pourra laisser le spectateur indifférent.

Tirée d’un fait réel de 1870, l’histoire se déroule à Hautefaye, en Dordogne. Alain de Moneys est né et a grandi dans ce petit village et connaît tout le monde. Suite à un malentendu, ses amis d’enfance le prennent pour un Prussien, l’ennemi de l’époque. Il est alors molesté et torturé jusqu’à sa mise à mort dans des conditions de brutalité inouïe.

C’est l’acteur principal, Jean-Christophe Dollé, qui va raconter dans les moindres détails toute cette folie qui, l’espace d’un instant, s’est emparée d’une foule au départ, amie. Il interprétera chaque personnage principal, avec une justesse et un talent de conteur inégalable.

Les trois autres acteurs qui l’accompagnent sont aussi exceptionnels que lui. Clotilde Morgiève enveloppe toute la salle de sa présence.

Elle est à la fois irréelle, attachante et inquiétante. Les deux musiciens acteurs donnent un rythme effréné à cette histoire, laissant un spectateur haletant, possédé par le sordide de cette histoire, auquel indirectement il participe.

La pièce met en lumière l’absurdité, la déraison, la lâcheté et le courage, auquel le spectateur va être confronté pendant près d’une heure, le laissant essoré et vidé, en proie à ses propres démons et questionnements sur la violence des mouvements de foule. Un fait divers qui fera sans doute échos dans le cœur des Polynésiens au terrible drame du bûcher de Faaite.

“Mangez-le si vous voulez” est encore au petit théâtre les 12, 13 et 14 septembre prochain. Les places sont disponibles dans les deux grandes surfaces Carrefour, à Radio1 Fare Ute et auprès de la Compagnie du Caméléon.

Jennifer Rofes
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